Ibrahim Mbaye (17ans joueur du PSG) et Mamadou Sarr (20 ans joueur de Strasbourg), deux très bons profils suivis de près par la France viennent de dire OUI au Sénégal, et vont retrouver les Lions.
Travailler, avoir des résultats, et le reste se fera tout seul. Les « binationaux » la plupart nés en occident, qui n’ont d’attache que leurs parents ou l’un des deux parents, n’ont aucun encrage fort avec leurs pays d’origine, très souvent.
Inutile d’invectiver les pauvres jeunes qui ne demandent que de réussir leur carrière. Qui d’entre nous choisirait un contrat chez AREEBA alors que SFR ou FREE nous offre de meilleurs conditions de travail ? Je serai bien curieux de voir le guinéen (pourtant né en Guinée) qui dirait NON à SFR avec un contrat juteux et un cadre professionnel, pour dire OUI à AREEBA. Comme quoi…très facile de tomber sur les jeunes.
Gagner pour attirer, le Sénégal l’a prouvé. Et d’autres aussi avant. Rejoindre le Cameroun était clairement une opportunité de reproduire un parcours à la Roger Milla. Le Cameroun a une carte d’identité visuelle footballistique et mondiale. Rejoindre le Nigeria ou le Ghana, dès les jeunes, peut te permettre de jouer ou de remporter des coupes du monde de jeunes et de jouer « souvent » des coupes du monde.
Amine GOUIRI (Marseille) avant de choisir l’Algerie reconnaissait que le parcours du Maroc au mondial l’avait donné des idées pour rejoindre une nation africaine. Car oui, il faut savoir que notre football est très mal vu à l’international. Pas la faute de ceux qui le voient d’un mauvais œil, mais la faute à nos dirigeants qui ne savent pas gérer le football. Car la plupart y viennent pour l’argent et n’ont aucune connaissance approfondie de ce sport et de son architecture sport-business.
Travaillons, et arrêtons d’indexer des joueurs qui sont sensés batailler ou clamer leur amour pour nous rejoindre plutôt que le contraire. Travailler ne veut pas forcément dire avoir une fédération irréprochable. Car la quasi totalité des fédérations sur le continent ont ce mal commun de la mauvaise gestion et des détournements ubuesques. D’où les nombreux CONOR à travers le continent. Travailler, c’est créer d’abord une véritable chaîne de performances au tour de notre football. Injecter dans les organigrammes de nos clubs des profils jeunes dynamiques choisis uniquement sur un critère de performances (connaissance, formation autour du foot, carnet d’adresse, etc).
Repenser le modèle économique de notre football en général. Et celui local en particulier. En symbiose avec la FÉDÉRATION GUINÉENNE DE FOOTBALL, le MINISTÈRE DES SPORTS pourrait mettre en place une Direction Nationale De la Performance de notre football (possible l’élargir sur les autres disciplines à condition de tirer les leçons de la discipline avant d’activer cet interrupteur). Une direction, ou appelez la comme vous voudrez, qui sera constitué de profils dynamiques capables dimpacter directement notre football par leur connaissance, par leur savoir faire. Des diététiciens, des vidéaste pour mieux vendre notre production locale, des analystes vidéos pour épauler nos clubs ou équipes nationales des petites catégories à mieux préparer les échéances face aux autres nations déjà en avance…)
L’Algerie par exemple avait mis en place un projet « FAF RADAR » piloté par la fédération, avec nombreux profils pour cibler les jeunes joueurs algériens évoluant en Europe et ailleurs susceptibles de rejoindre l’équipe nationale. Ensuite il y’a l’étape où il faut aller leurs parler. Car nos dirigeants n’ont pas les codes pour parler à ces jeunes là qui ont grandi différemment. Le discours compte beaucoup également. Si un jeune binational n’accroche pas, il n y’aura jamais de suite. Beaucoup de dossiers ont aussi capote à cause de cela.
Maître Senghor était très critiqué à la FSF, il y’avait des problèmes à la Fédération Algérienne, sans oublier le Cameroun avec ses problèmes à n’en pas finir. Mais derrière, ils ont su créer une chaîne de victoires, de succès.
Notre football n’était déjà pas reluisant, mais aujourd’hui il se meurt à petit feu. Il est quasi inexistant. Il ne donne pas envie. Il n’est pas vendable. Les blogueurs ont remplacé les journalistes sportifs (ce qui diminue la qualité du débat, de l’exigence et de la maîtrise des sujets), les débats à la télé ou à la radio sur le foot en Guinée font dans la majorité peine à voir, nos dirigeants football ont une connaissance quasi nulle de ce sport. Ce qui les intéresse, c’est combien ils vont gagner s’ils voyagent avec le SYLI, ou dans les subventions de la FIFA.
Le football guinéen est mort. Le réanimer est une nécessité pour ceux qui aiment ce football la. Pas pour ceux qui viennent gratter leur part du gâteau. Mais pour ceux qui vibrent quand les performances de nos joueurs, clubs et équipes nationales rythment notre quotidien. Il est temps de repenser son écosystème, ou alors on fonce tout droit à ses funérailles…
Alpha BALDÉ

